A propos de la fin de la periode de Vichy pour Marquet :
 

 

À propos de la fin de la période de Vichy pour Marquet :

Ma collègue Annie Lacroix Riz, professeure à l’Université Paris 7-Diderot, et grande spécialiste de l’histoire politique de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, m’indique ceci :

« Marquet a été associé aux tractations franco-germano-américaines de 1944, à Madrid notamment (dans ton ouvrage, j’ai relevé d'ailleurs que tu ne mentionnais pas Le choix de la défaite, ce qui est contraire à ton habitude me concernant, et alors même que je te l’ai envoyé. mais on ne va pas se fâcher : essaie seulement de me lire, et commence par De Munich à Vichy, que tu as déjà dû recevoir ou recevras incessamment).

Le choix établit, entre autres l’appartenance de Marquet à la catégorie des synarques auxiliaires (politico-idéologiques), fonction confirmée par son association aux tractations susmentionnées. Il a « envoyé ici [à Madrid] pour lui chauffer son lit auprès des Américains son proche collaborateur de Bordeaux d’Arsonval. » (note du 23 juin 1944 de u/, sans autre référence, France, le Tiers Parti à Madrid; italique, en majuscules dans le texte, F7, vol. 15339, Lemaigre-Dubreuil, AN - u/ désignant plusieurs agents rapportant sur l’affaire Lemaigre-Dubreuil. Je n’ai pour en trouver trace pas relu ton ouvrage, mais regardé, après avoir lu ce document, son index, qui ne mentionne pas ce d’Arsonval. Qu’en sais-tu ? » 

Je lui ai répondu ceci : sans autre référence » ne visait, naturellement, que « J'avoue avoir "manqué" cet aspect de la vie de Marquet ; mais inclure Marquet dans la catégorie que tu as inventée, celle des « crypto-synarques », me paraît délicieusement excessif... Je ne crois pas que Marquet ait cherché à "sauver sa peau" à la fin, contrairement au groupe de vichystes qui rejoignent la Suisse, par exemple. Il se recroqueville sur lui-même à partir de la mi-1943, complètement défait et lucide son échec.

Cependant, dans les documents d'archives de l'enquête précédant son procès, il n'avoue jamais son échec ni n'évolue vers des regrets ou autres. Il s'enferre dans l'unicité de personnage qu'il souhaite maintenir, en refus complet de "se renier" ou d'avouer qu'il a atteint une impasse, ce qui en fait d'ailleurs le caractère odieux en raison même de cette obstination.

C'est ce que j'ai souhaité montrer dans les dernières pages de la partie MARQUET ET LA SECONDE GUERRE MONDIALE. Je ne crois absolument pas à une tactique de "double jeu" de sa part, où il aurait cherché à préparer une quelconque réémergence suie à un blanchiment quelconque.

Donc, je rejette fondamentalement ton approche crypto-synarchique. Mais chaque historien est libre de suivre sa voie analytique, bien entendu!!! Cela dit, une seule allusion dans une seule source ne suffirait pas, bien entendu, même habilement présentée, à construire une démonstration, et j'espère que tu en as conscience. » 

 D’où la réponse de ma collègue :

« Les termes moraux « impasse », « caractère odieux », etc., sont les tiens, pas les miens, puisque je me contente d’analyses en termes de rapports sociaux. Je te sais grand gré d’être un des seuls à accepter ou souhaiter que je participe aux colloques que tu organises, mais il convient que la discussion ait pour base une connaissance sérieuse de mon travail. Or, pour ne parler que de la synarchie, Dard raconte n'importe quoi sur la synarchie mais sert, depuis la sortie de son ouvrage sur la question (comme le très mauvais article de 1970 de Kuisel), de référence scientifique sur la question. J’attends que le monde académique soit mis en mesure effective de connaître ma thèse, qui combat celle de Dard ‑ et qui n’a eu droit à aucune visibilité académique depuis 1999 (Industriels et banquiers) et particulièrement depuis 2006, date de sortie du Choix de la défaite ‑, donc de juger du sérieux respectif de nos hypothèses et affirmations. »

 

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